Programme de la conférence
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Vue d’ensemble des sessions |
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SES-F: Organisations et dynamiques territoriales
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Organisations intermédiaires et trajectoires low-tech : analyser les constellations de pratiques au niveau méso 1Association Fablab La Chaux-de-Fonds, Suisse; 2ICAM, France; 3Conseil Scientifique RFFLabs, France; 4IMPRAE Atelier Studio de Création Artisanal, France; 5Association Fab Lab L’Établi, France Les débats contemporains sur les low-tech oscillent souvent entre deux niveaux d’analyse. D’un côté, le niveau macro, qui concerne les politiques publiques, les transitions socio-écologiques globales ou les orientations industrielles. De l’autre, le niveau micro, centré sur les objets techniques, les expérimentations locales ou les innovations matérielles. Entre ces deux échelles, le niveau méso, celui des organisations intermédiaires, demeure encore relativement peu exploré dans la littérature. Pourtant, des structures telles que les fablabs, les écoles d’ingénieurs, les ateliers artisanaux ou les réseaux territoriaux jouent un rôle important dans l’orientation concrète des trajectoires technologiques. Situées à l’interface entre monde académique, sphère économique, société civile et institutions publiques, ces organisations traduisent des enjeux globaux en pratiques situées. Elles articulent formation, production, expérimentation et engagement citoyen et participent ainsi à l’émergence de formes d’innovation plus sobres, contextualisées et socialement ancrées dans les dynamiques locales. Cette communication propose d’analyser ces organisations intermédiaires comme des infrastructures socio-techniques d’orientation capables d’influencer les arbitrages technologiques dans les trajectoires low-tech. Pour cela, nous mobilisons le cadre des théories des pratiques sociales (Reckwitz, 2002 ; Shove, Pantzar & Watson, 2012 ; Schatzki, 2019), ainsi que des travaux issus des science and technology studies (Callon, Law & Rip, 1986 ; Akrich, Callon & Latour, 2006 ; Trompette & Vinck, 2009). Ces approches permettent d’appréhender le changement socio-technique à partir de la dynamique des pratiques et des réseaux d’acteurs, plutôt qu’à partir des individus ou des structures prises isolément. Dans cette perspective, une pratique se constitue par l’articulation de trois dimensions : des matériaux (technologies, outils, infrastructures), des compétences (connaissances et savoir-faire) et des significations (valeurs, imaginaires, représentations). Les transformations socio-techniques émergent alors de la recomposition de ces éléments et des relations entre différentes pratiques. À partir de ce cadre, nous mobilisons la notion de constellation de pratiques afin d’éclairer le rôle des organisations intermédiaires dans l’émergence des trajectoires low-tech. Plutôt que d’observer des initiatives isolées, il s’agit de comprendre comment différentes pratiques se renforcent et se complètent pour former des configurations socio-techniques orientant les choix technologiques. La communication s’appuie sur quatre études de cas complémentaires : (1) l’infusion transversale des principes low-tech dans la formation d’ingénieurs à l’ICAM ; (2) l’intégration systématique des dimensions sociales et des enjeux de résilience territoriale dans les pratiques d’un fablab associatif français, L’Établi, où l’hybridation high/low-tech s’accompagne d’un apprentissage collectif par le faire ; (3) l’expérience d’une entrepreneuse en métiers d’art interrogeant les arbitrages technologiques et les modèles économiques alternatifs ; et (4) l’organisation du Low-Tech Festilab 2025 à La Chaux-de-Fonds et les dynamiques de structuration de réseaux de fablabs engagés, notamment à travers le Réseau Francophone des Fablabs (RFFLabs) et la communauté Vulca. En mettant en dialogue ces situations, cette communication montre que les organisations intermédiaires ne produisent pas seulement des objets techniques : elles contribuent à configurer des cadres de décision, des cultures professionnelles et des communautés de pratique qui influencent durablement les choix technologiques. À travers ces constellations de pratiques, elles participent ainsi à l’émergence de trajectoires technologiques plus sobres, résilientes et socialement ancrées. Connaissances low-tech en Commun et activités économiques La Myne, France Un des piliers de la low-tech est le partage de la connaissance pour faciliter la dissémination des techniques et des usages associés. Ce pilier rejoint la démarche autour des Communs qui sont des ressources partagées, gérées et maintenues par une communauté. La plate-forme LowTRE [1], Low-Tech Recherche et Enseignement, a ainsi pour objet de rendre visible et accessible ces connaissances issues des démarches d'enseignement, de recherche et d'ingénierie. LowTRE est conçue comme une démarche participative pour faciliter la contribution de la communauté d'acteurs low-tech et s'articule avec un forum numérique. Cette communication commencera par une étude bibliographique, incluant la litterature grise et les ressources numériques, montrant l'historique et les volontés pour rendre les connaissances en low-tech accessibles. Elle complétera les études existantes [2] sur les dynamiques de documentation contributive en low-tech. Dans l'écosystème low-tech, des acteurs ayant comme volonté de passer à l'échelle la mise en oeuvre de cette posture, se trouvent confrontés à la problématique économique. Les phases de R&D, surtout lorsqu'elles ont lieu hors milieu académique ou à l'échelle de petites structures, comme des associations, sont économiquement fragiles lorsque les connaissances produites peuvent être captées par d'autres acteurs sans compensation des investissements en R&D. Les développements d'activités productives (fabrications de systèmes techniques, formations, productions basées sur des outils low-tech) sont soumis à des limites similaires dans cette volonté de diffusion. Les acteurs issus du monde économique traditionnel peuvent hésiter à s'emparer de ces approches de partage de connaissances par les contraintes imposées par les approches économiques dominantes (incubateurs, brevets, investisseurs). Cette communication se poursuivra par la description des problématiques d'usages inappropriés ou détournés des connaissances partagées librement par des acteurs de la low-tech motivés pour participer à la création d'un modèle de société plus équitable. Il sera proposé un état des lieux de différents moyens de protection intellectuelle, de type licences libres et brevets, pour faire face à ces problématiques. Des formes de licences, en opposition aux pratiques de type brevet, comme les licences à réciprocité et les licences hardware [3,4] seront décrites et appliquées au contexte de la low-tech. La conclusion permettra de dresser des pistes à explorer en rupture avec les pratiques du milieu économique classique et high-tech et en s'appuyant sur des échanges avec des chercheurs en modèles d'activité d'entreprises et en juridique de la propriété. Cette communication permettra d'exposer les suites du travail présenté en Novembre 2025 [5]. Bibliographie liée à la soumission [1] https://lowtre.org plate-forme co-initiée par l'auteur Défis et bénéfices d’un urbanisme participatif avec des jeunes : l’exemple des skateparks Do It Yourself Haute école de gestion Arc, Suisse Alors que la présence des jeunes dans l’espace public tend à diminuer (Blinkert et Höfflin 2016) et que cette moindre fréquentation a des impacts sur l’augmentation des problèmes de santé mentale (Gray 2011), mobiliser ces populations dans des démarches d’urbanisme participatif favorise l’aménagement d’espaces urbains correspondant à leur besoin (Loebach et al. 2020) tout en leur permettant de développer des capabilités et d’accroître leur estime personnelle (Melcher 2020). Malgré ces bénéfices, de nombreuses épreuves se dressent devant ce type d’initiative. Une recherche en cours sur des projets de skateparks construits en mode Do It Yourself (DIY)[1] s’intéresse à la gouvernance de ces projets – tant par les collectifs qui en sont à l’initiative que par les municipalités qui les accueillent sur leur territoire –, et à leur impact sur la participation des jeunes et sur leur bien-être. Cette enquête étudie, à travers une observation participante, 6 projets de skateparks DIY en Suisse. Elle analyse la dynamique participative en s’appuyant sur l’approche en philosophie politique de Zask (2011), laquelle met l’accent sur trois dimensions de la participation – prendre part, contribuer et bénéficier – et sur leur égale importance pour favoriser le succès du projet et leur apport pour les personnes impliquées. Les premiers résultats de la recherche pointent tout d’abord comment ce type de projet mobilisant des jeunes dépend de conditions de possibilité en grande partie fournies par les collectivités publiques : terrain, expertise, transport de matériaux, prestations, accompagnement socioculturel, etc. De surcroît, une certaine marge de manœuvre dans l’application des normes de fabrication de la ville favorise la participation (Lecoq 2020), notamment en permettant la construction évolutive et itérative du skatepark. La contribution des jeunes s’inscrit ensuite dans une économie de la débrouille, souvent par manque de moyen financier tout autant que par accord avec les principes du DIY. Ainsi les constructions privilégient souvent la transformation d’espaces non utilisés, la récupération de matériaux, la création d’outils spécifiques, ou encore la modification des plans au moment de l’exécution. Ces infrastructures autoconstruites sont également le moteur pour d’autres projets d’aménagement urbains non prévus initialement, notamment des décors ou des espaces de rencontres profitable aux usagers des lieux. C’est précisément grâce à ces conditions de possibilité de contribuer avec leurs propres idées que le projet bénéficie le plus aux participant·es, mais également à la population locale. En effet, au-delà de la fierté d’utiliser une installation faite par soi-même et des compétences acquises, cela favorise le développement d’une éthique du care vis-à-vis de l’infrastructure comme de l’espace urbain et des autres usagers/ères (Hollett et Vivoni 2021). [1] “Health and participatory urbanism: the governance of Do It Yourself skateparks projects and their contribution to youth well-being”. Une recherche financée par le Fonds national Suisse et menée par une équipe de la HES-SO (Haute école de gestion Arc et de la Haute école de travail social Fribourg) : Jérôme Heim, Annamaria Colombo, Julien Glauser, Marc Tadorian & Michael Perret. https://www.he-arc.ch/projets-recherche/skateparksdiy-skater-creer-vivre-sa-ville/ L’histoire du premier Low-Tech Lab de Suisse et de sa communauté Low-Tech Lab Lausanne, Suisse Le Low-Tech Lab Lausanne est le premier Low-Tech Lab de Suisse. Créée en 2021, membre d’un archipel grandissant de communautés en francophonie, l’association aspire à promouvoir la démarche low-tech auprès des citoyens, des entreprises ou collectivités afin qu’utile, accessible et durable soient les mots d’ordre autour de nos techniques et technologies. Le Low-Tech Lab Lausanne est né à l’EPFL de l’initiative de plusieurs étudiants. Entre une quête de sens des ingénieurs et le besoin de notre société d’une autre relation à la technique, nous verrons comment nous sommes allés de discussions techno-critiques à un chantier participatif de plus de 30 étudiants pour construire un pavillon en réemploi en coopération avec l’industrie et l'académie (rebuilt.cargo.site). Nous explorerons à la fois notre parcours et celui de l’archipel des communautés du Low-Tech Lab, invitant les membres de la communauté du savoir à faire partie de la suite de cette histoire. | ||