Programme de la conférence
Vue d’ensemble et détails des sessions pour cette conférence. Veuillez sélectionner une date ou un lieu afin d’afficher uniquement les sessions correspondant à cette date ou à ce lieu. Cliquez sur une des sessions pour obtenir des détails sur celle-ci (avec résumés et téléchargement si disponibles).
|
Vue d’ensemble des sessions |
| Session | ||
SES-D: Technologies numériques et raisonnées
| ||
| Présentations | ||
Acceptabilité de l’intelligence artificielle au travail : les préoccupations des employés comme boussole des choix technologiques 1Haute école d’ingénierie et de gestion du canton de Vaud, HES-SO; 2Université Laval Introduction L’intelligence artificielle (IA) fascine autant qu’elle questionne. Son intégration dans le monde du travail suscite de nombreuses préoccupations de la part des travailleurs. Or, jusqu’à 75 % des changements technologiques échouent notamment en raison du facteur humain. Dans ce contexte, il apparaît essentiel de mieux comprendre les réactions des employés face à l’introduction de l’IA. Leurs préoccupations peuvent en effet constituer des signaux précieux pour orienter les choix technologiques des organisations. La littérature sur l’acceptabilité des technologies mobilise principalement le modèle d’acceptation de la technologie (TAM) et la théorie unifiée de l’acceptation et de l’utilisation des technologies (UTAUT). Bien que largement utilisés, ces modèles présentent certaines limites pour saisir les spécificités de l’acceptabilité de l’IA du point de vue des employés, notamment parce qu’ils s’intéressent davantage aux déterminants de l’adoption qu’aux préoccupations suscitées par la transformation du travail. Afin d’apporter un éclairage complémentaire, cette étude mobilise la théorie des phases de préoccupations (Bareil, 2004). Elle vise à analyser les préoccupations exprimées par les employés face à l’IA et à examiner dans quelle mesure celles-ci peuvent servir de boussole pour orienter les choix technologiques des organisations. Méthodologie L’étude adopte une approche qualitative afin d’explorer en profondeur les préoccupations liées à l’introduction de l’IA dans le travail. 29 entretiens semi-directifs ont été réalisés auprès d’employés fédéraux canadiens. Les données ont été analysées à l’aide d’une analyse thématique guidée par la théorie des phases de préoccupations. Résultats Les résultats mettent en évidence une diversité de réactions face à l’IA, allant de l’indifférence à l’enthousiasme, en passant par la prudence et la résistance. Les préoccupations exprimées portent notamment sur la transformation des tâches, les effets potentiels de l’automatisation sur les emplois, la préservation de l’expertise humaine ainsi que le maintien de l’autonomie dans le travail. Au-delà des réactions individuelles, ces préoccupations révèlent des questionnements plus larges concernant les choix technologiques à opérer dans les organisations. Elles interrogent notamment l’opportunité d’automatiser certaines activités, la place de l’intelligence humaine dans les processus décisionnels et les risques de dépendance accrue aux systèmes technologiques. Ces résultats suggèrent que les préoccupations des employés peuvent constituer une boussole utile pour éclairer les décisions organisationnelles relatives à l’adoption de l’IA. Discussion Cette étude contribue à enrichir la compréhension de l’acceptabilité de l’IA en proposant une analyse approfondie des réactions des employés. Au-delà des études quantitatives existantes, cette recherche met en avant la richesse des perceptions individuelles. Elle souligne l’importance de la communication, de la formation et de la gestion du volet humain du changement pour atténuer les préoccupations et favoriser une adoption réussie de l’IA. Elle montre que ces préoccupations ne constituent pas uniquement des freins à l’adoption de la technologie, mais qu’elles peuvent également représenter des repères utiles pour orienter les choix technologiques et les stratégies d’implantation. Ces résultats soulignent l’importance d’intégrer la perspective des employés dans les processus de décision liés à l’adoption de l’IA. Une telle approche peut favoriser une adoption plus réfléchie et durable de la technologie, en tenant compte des transformations du travail qu’elle implique. Les capteurs sans fil, la conception à très faible consommation d’énergie, la récupération d’énergie et l’intelligence artificielle peuvent-ils être combinés dans les systèmes IoT de nouvelle génération ? 1SUPMICROTECH, 26 Rue de l'Épitaphe, 25000 Besançon; 2Hochschule Karlsruhe, Moltkestraße 30, 76133 Karlsruhe, Allemagne; 3University of Palermo, Piazza Marina, 61, 90133 Palermo PA, Italie; 4University of Genova, Via Balbi 5, 16126 Gênes, Italie; 5STMicroelectronics, Str. Primosole, 50, Catania, Italie La croissance rapide de l’Internet des objets (IoT) a entraîné une demande croissante de réseaux de capteurs sans fil dans des applications telles que la surveillance agricole, la sécurité des infrastructures et la maintenance des équipements. Cette expansion pose un défi majeur en matière d’approvisionnement énergétique durable, car alimenter des milliards d’appareils avec des batteries conventionnelles n’est ni économiquement ni écologiquement viable. La recherche actuelle se concentre donc sur l’électronique à très faible consommation d’énergie, combinée à des techniques de récupération d’énergie telles que les solutions piézoélectriques, photovoltaïques et inductives. Parallèlement, les réseaux de capteurs modernes doivent de plus en plus intégrer des capacités d’intelligence artificielle embarquée (1) afin de permettre le traitement local des données et la prise de décision autonome (2). Dans ce contexte, l’objectif de la présentation est d’étudier la faisabilité de la combinaison des réseaux de capteurs sans fil, de la conception matérielle et logicielle à très faible consommation d’énergie, des techniques de récupération d’énergie et de l’intelligence artificielle embarquée. La présentation se concentrera sur l’étude actuellement menée à travers la conception et le développement d’un réseau de capteurs pour la surveillance de la sécurité des câbles électriques (3). Remerciements : Ce travail a été financé par le programme de recherche et d’innovation Horizon Europe de l’Union européenne dans le cadre des conventions de subvention Marie Skłodowska-Curie n° 101086359, ainsi que par l’ANR dans le cadre de la convention de subvention ETHICS n° ANR-23-CE51-0027. Entre Low tech et High tech : l’exemple de la Micro5 comme innovation sous contrainte et pédagogie du “juste besoin” HE-Arc ingénierie, Suisse Les notions de low tech et d’innovation frugale fournissent aujourd’hui des cadres d’analyse des choix technologiques sous contrainte, mettant l’accent sur la suffisance, la limitation de la complexité et l’optimisation des moyens face à la raréfaction des ressources (Bihouix, 2014 ; Radjou et al., 2012). Ces cadres sont mobilisés ici uniquement comme outils de relecture a posteriori, et non comme références explicites lors de la conception du projet présenté. Entre 2011 et 2016, la Haute École Arc Ingénierie a développé la Micro5, une micromachine‑outil 5 axes conçue dans un contexte de fortes contraintes. L’objectif n’était pas de faire une machine « low tech », mais de repenser la miniaturisation, la consommation d’énergie et les coûts, en adaptant la machine aux besoins réels de l’usinage de haute précision. Le projet est parti d’un constat simple : alors que les pièces, notamment horlogères, se miniaturisent, les machines-outils se sont alourdies, complexifiées et fortement automatisées, entraînant fortement leur consommation énergétique. Cette dissociation entre la taille des pièces et celle des machines a conduit à une question centrale : comment adapter les dimensions de la machine à celles des pièces usinées ? Ce questionnement a orienté l’ensemble du développement vers une démarche d’innovation sous contrainte, fondée sur la réduction des ressources matérielles et énergétiques, la compacité, la simplification fonctionnelle et la maîtrise des coûts, tout en maintenant des exigences élevées de précision et de productivité. La Micro5 relève ainsi clairement d’une logique d’innovation frugale, entendue comme une démarche d’ingénierie visant l’optimisation des moyens pour répondre à des besoins industriels précisément définis. Ce n’est qu’a posteriori, à la lumière des travaux de Bihouix sur les low tech, que des convergences apparaissent avec certains de leurs principes : recherche du juste besoin, refus de la surenchère technologique, sobriété matérielle et énergétique, et remise en question des trajectoires de progrès fondées sur l’accumulation de puissance et de complexité. Cette relecture ne vise pas à attribuer rétroactivement une intention low tech au projet, mais à analyser comment une innovation sous contrainte peut conduire à des choix compatibles avec une logique de sobriété. Cette démarche a abouti à une machine environ dix fois plus compacte et plus légère que les machines conventionnelles destinées aux mêmes pièces, avec une consommation énergétique réduite jusqu’à 80 %. Les décisions de conception ont privilégié la performance réellement utile plutôt que l’accumulation de fonctions ou de puissance. Le transfert technologique s’est fait via des licences ouvertes non exclusives, permettant une appropriation encadrée et favorisant l’ancrage territorial et la résilience du tissu industriel local. La Micro5 constitue également un cas d’étude dans l’enseignement de l’ingénierie. Elle soutient une pédagogie de l’innovation sous contrainte, invitant à interroger les cahiers des charges, à distinguer le nécessaire du superflu et à intégrer les enjeux énergétiques et environnementaux dès la conception. Ce retour d’expérience montre ainsi que la frontière entre low tech et high tech n’est pas une opposition, mais un espace d’innovation fertile fondé sur une remise en question rigoureuse des besoins et des moyens pour y répondre. eVectors, Véhicule électrique à consommation ultra basse 1HEIG-VD, Suisse; 2HEPIA, Suisse Les transports représentent aujourd’hui 34% des émissions totales de gaz à effet de serre en Suisse, dont 75% sont imputables aux véhicules de tourisme. Le parc de voitures de tourisme est encore aujourd’hui dépendant à 95% des carburants fossiles. Les inconvénients liés aux voitures actuelles sont multiples : pollution de l’air, sonore et visuelle, consommation d’espace, émission de microplastiques et dangerosité pour les autres utilisateurs du réseau routier. De plus, la quasi-totalité des véhicules sont fabriqués à l’étranger, ne bénéficiant qu’indirectement à l’économie suisse. Le projet eVECTORS (www.evectors.ch) propose une vision alternative de la mobilité individuelle par le développement d’un véhicule intermédiaire : MULO. MULO est conçu et fabriqué en Suisse répondant aux besoins moyens de mobilité individuelle. MULO est une alternative à la voiture dans toutes les situations dans lesquelles le volume et la masse des véhicules standards sont superflus et deviennent des désavantages. MULO est un tricycle (catégorie L5e) à motorisation électrique monoplace qui est léger, économique, confortable et pratique. Doté d'une autonomie de 100 km et d'une vitesse maximale de 80 km/h, ce véhicule développé à l'initiative de l'HEIG-VD, vise à répondre aux besoins de mobilité des particuliers et des professionnels tout en s'insérant aisément dans les infrastructures de stationnement et de recharge existantes. Dans un contexte de respect des limites planétaires et pour offrir une alternative de mobilité réellement durable, l'ambition est de minimiser l'empreinte écologique globale, visant des émissions comparables à celles des trains CFF. MULO émettra moins de 10 g de CO2eq par km et par passager sur un cycle de vie de 300'000 km sur 25 ans. Ce tricycle électrique est conçu à partir des valeurs de l'innovation Low Tech, en se basant sur neuf critères fondamentaux : la sobriété, l'efficience, la pérennité, la maintenabilité, l'accessibilité, l'autonomisation, l'empouvoirement, la reliance, et la simplification. Pour redonner aux utilisateurs la maîtrise de leur véhicule, le projet eVECTORS publiera en Open Source, sur son site internet, la documentation de toutes les étapes de la conception à la production du véhicule. La démarche de conception intègre les contraintes de réparabilité du véhicule et de ses composants. MULO pourra non seulement être entretenu facilement mais il pourra aussi être adapté et amélioré par sa communauté de développeurs. L’utilisation de matériaux locaux et de composants reconditionnés participe à développer l’économie circulaire locale. De plus, la commercialisation de MULO devrait se faire par la vente de services de mobilité plutôt que de véhicules, favorisant ainsi des véhicules à bas coûts totaux de possession et éliminant l’obsolescence programmée. La gestion du projet est assurée par l'HEIG-VD, qui endosse la responsabilité de l'ingénierie système, du design général du véhicule et du prototypage des éléments mécaniques. L'HEPIA contribue significativement au projet en prenant en charge le développement et le prototypage de la propulsion électrique. | ||