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Vue d’ensemble des sessions |
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SES-C: Matériaux et réemploi
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Toward low-tech innovation: the lesson of ancient glass mosaics Haute Ecole Arc, Suisse Glass is one of the oldest forms of technology and has been used by humans for thousands of years. Due to the difficulty of sourcing the necessary materials and producing glass, glass mosaics were among the most prestigious and expensive techniques in the ancient and medieval worlds. Designed in harmony with the lighting conditions and closely intertwined with the refraction of light, mosaics became a prominent feature in Christian religious buildings, which spread throughout the Greco-Roman world from the 4th century onwards. Glass and mosaic technology survived the collapse of the Western Roman Empire and the subsequent economic and productive crisis that affected present-day European territories. Based on the study of 5th- to 7th-century mosaics preserved in Rome (Santa Sabina, San Martino ai Monti, Sant'Agnese fuori le mura and further comparisons), this paper will demonstrate the development of early strategies that allowed bright glass mosaics continuing to be produced despite socio-economic difficulties. Archaeometric studies have shown that the chemical and physical composition of the tesserae was achieved by mixing new and reused tesserae from ancient mosaics. This paper will present the results of these analyses in detail, placing them within the broader context of developments in glass and mosaic techniques. By examining this early example of material recycling that enabled the renewal of a technological practice, we will encourage reflection on the innovative and sustainable potential of circular and durable (low) technological developments. Réemploi des structures métalliques du XIXe siècle : une voie low-tech à l’épreuve de la high-tech 1UTBM, France, FEMTO-ST RECITS; 2IRAMAT; 3Studio Patrimoine Arep Le secteur de la construction voit monter en puissance le réemploi et l’architecture conçue pour être démontable, souvent présentés comme des options low-tech au sens d’une innovation fondée sur la prolongation d’usage, la réparabilité et l’économie de ressources. Le cadrage contemporain rend ce mouvement particulièrement attractif : la méthode de calcul environnemental de la RE2020 considère les produits issus du réemploi comme ayant un impact carbone nul dans l’ACV réglementaire, ce qui incite à les mobiliser dès que possible. Mais l’opérationnalisation se heurte à un verrou méthodologique et institutionnel : les recommandations professionnelles du CTICM sur le réemploi d’éléments structuraux en acier, publiées en 2024, encadrent une procédure de requalification tout en excluant explicitement les éléments fabriqués avant 1970. Cette zone d’exclusion cristallise une difficulté plus générale dès lors que l’on aborde le bâti plus ancien : l’identification des matériaux, l’hétérogénéité des produits et la démonstration de leurs performances rendent le démontage-remontage difficile à sécuriser. Le point critique devient alors moins la faisabilité matérielle que l’acceptabilité juridique, normative et assurantielle. Cette contribution examine ce point de friction à partir d’un objet encore peu outillé : le réemploi des métaux anciens dans le bâti, en particulier les structures antérieures aux années 1970. L’exemple des grandes halles de gares, construite tout au long du xixᵉ siècle, éclaire particulièrement ce problème. Leur histoire montre l’ampleur des pertes patrimoniales liées aux modernisations, mais aussi l’existence de cas de préservation, de requalification et de réaffectation. Surtout, ces ouvrages rappellent que la démontabilité n’est pas une invention récente : une part de l’architecture métallique du xixe siècle a été pensée comme assemblable, reconfigurable, parfois remobilisable. Dans une perspective de transition écologique, le réinvestissement du bâti existant constitue une alternative à la construction neuve et aux opérations de démolition-reconstruction. La dépose sélective suivie d’un remontage ou d’un réemploi structurel constitue une voie vertueuse : elle allonge les cycles de vie, réduit les besoins en matière neuve, limite les impacts de chantier, et réactive des cultures techniques de l’assemblage, des tolérances, de la maintenance et de la réparation, aujourd’hui pertinentes pour la sobriété matérielle. Elle conduit également, à envisager le patrimoine non seulement comme une valeur culturelle, mais comme une ressource matérielle à part entière. Le bâti devient alors un stock de matière et de composants, porteur de qualités d’usage, de performances et de savoirs constructifs incorporés. Cette inflexion déplace la question patrimoniale : conserver se pense avec adapter. Il ne s’agit plus seulement de maintenir une forme, mais d’organiser des conditions de maintien, de réparation, d’ajustement aux usages et, lorsque c’est pertinent, de réversibilité et de réemploi. La communication défend une thèse : développer une approche low-tech en construction suppose de repenser les cadres normatifs et assurantiels qui gouvernent l’acceptabilité des matériaux anciens, et d’articuler, de manière ciblée, des outils high-techs de caractérisation et de traçabilité avec des pratiques low-tech de dépose, maintenance et remontage. L’enjeu est de construire des voies de qualification adaptées, capables de sécuriser le réemploi des métaux anciens. Entre low-tech et high-tech : vers une architecture à contre-courant du tout-normatif heia.fr, Suisse
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Cette proposition s’inscrit dans le champ de l’architecture et interroge les choix techniques contemporains face aux exigences environnementales croissantes. Confronté à l’urgence climatique, le secteur du bâtiment répond le plus souvent par une intensification technologique : multiplication des matériaux composites, dépendance accrue à l’électronique, sophistication des dispositifs de régulation pour satisfaire des normes énergétiques et sécuritaires toujours plus strictes. Présentée comme inévitable, cette trajectoire mérite pourtant d’être interrogée dans ses effets systémiques. La course à l’innovation engendre en effet des contradictions. Les normes, bien qu’indispensables, favorisent une logique d’accumulation : ventilation double flux permanente, ouvrants motorisés, dispositifs électroniques intégrés, matériaux complexes soumis à homologation. À mesure que les exigences s’additionnent, les bâtiments deviennent plus complexes, plus voraces en énergie grise et plus dépendants de systèmes dont la maintenance et la durabilité ne sont pas toujours assurées. L’évolution d’éléments constructifs ordinaires en offre une illustration parlante. Une porte palière en chêne pesant autrefois 25 kg ne peut plus être autorisée sans essais normalisés ; son équivalent contemporain atteint facilement 80 kg pour répondre aux prescriptions incendie et acoustiques. Sa manipulation exige plusieurs personnes, les gonds doivent être renforcés, et sa composition multicouche la rend sensible aux variations hygrométriques tout en compliquant son recyclage. La recherche de conformité produit ainsi une surcharge matérielle, énergétique et économique qui excède largement l’objet initial. L’analogie avec l’industrie automobile éclaire cette dynamique cumulative : pour satisfaire des normes de sécurité accrues, les véhicules ont gagné en poids ; pour maintenir leurs performances, leur puissance a augmenté ; ce surplus a requis des structures, freins et équipements supplémentaires. Chaque contrainte en entraîne une autre, sans remise en cause du modèle global. À force de vouloir répondre simultanément aux normes de pollution, de sécurité, de confort et de performance, on aboutit à des objets techniquement sophistiqués mais structurellement fragiles et gourmands en ressources. L’architecture contemporaine risque une dérive comparable. L’empilement de solutions destinées à compenser les effets d’autres dispositifs engendre des bâtiments hyperéquipés, dépendants d’une alimentation énergétique continue et d’une maintenance spécialisée. Cette complexification rend plus difficile leur adaptation, leur réparation et leur transmission dans le temps long. Face à cette fuite en avant, certains architectes adoptent une posture critique. Ils interrogent les contradictions du triptyque construction–financement–usages : Comment éviter que la transition écologique ne devienne un moteur supplémentaire de complexification technologique ? À travers leurs projets, ils explorent des pistes de réduction, de simplification et de hiérarchisation des besoins. Il ne s’agit pas d’opposer frontalement low-tech et high-tech, mais d’en repenser l’articulation. Le high-tech peut être mobilisé de manière ciblée — pour mesurer, ajuster, optimiser — tandis que le socle constructif privilégie des principes passifs, robustes et réparables. Ventilation naturelle assistée par capteurs, dispositifs manuels fonctionnant en cas de coupure électrique, enveloppes performantes par conception plutôt que par correction mécanique permanente : ces stratégies relèvent d’un repositionnement critique de la technologie. Cette recherche analysera ces pratiques émergentes et leurs conditions de possibilité à partir d’exemples hybrides, associant savoirs vernaculaires et techniques contemporaines. L’enjeu est de penser une architecture capable de limiter sa dépendance aux systèmes complexes et d’inscrire la sobriété comme principe structurel. Composites biosourcés : une alternative bas carbone crédible pour les applications high-tech Université Marie et Louis Pasteur, CNRS, SUPMICROTECH, Institut FEMTO-ST, Besançon, France Les matériaux dérivés du bois et des plantes annuelles connaissent actuellement une croissance rapide dans de nombreux secteurs, en particulier la construction et les transports. Ils apparaissent comme des candidats sérieux pour améliorer la durabilité et la circularité des structures et produits, tout en offrant des alternatives aux matériaux fortement émetteurs et à fort impact environnemental. Parmi cette classe de matériaux biosourcés, les fibres végétales constituent une alternative intéressante aux fibres de verre et de carbone pour des applications composites structurales et multifonctionnelles. Leur coût énergétique de production, de l’ordre de 5 GJ/tonne en France pour le lin et le chanvre, est environ 7 à 30 fois inférieur à celui des fibres de verre (30–50 GJ/t) et de carbone (130–300 GJ/t). Associé au CO₂ séquestré pendant la croissance des plantes, à leur caractère renouvelable, à leur recyclabilité et à leurs bonnes performances mécaniques, ce faible coût énergétique en fait un candidat sérieux pour le développement de composites structuraux. Alors que la dernière décennie a été marquée par une pénétration significative de ces matériaux dans le secteur des matériaux de remplissage, des travaux récents ont démontré leur potentiel pour des applications high-tech. Dans le cadre du projet européen SSUCHY (www.ssuchy.eu), des démonstrateurs ont été réalisés pour des marchés de niche et du luxe, tels qu’un panneau de commande pour le cockpit d’un avion électrique, un châssis d’un scooter électrique ou des enceintes acoustiques haut de gamme, avec des réductions d’empreinte carbone de 20 à 80 % par rapport à leurs homologues pétrosourcés. Aujourd’hui, les principaux enjeux pour accroitre leur part de marché et maximiser leurs bénéfices environnementaux résident dans la compétitivité économique, l’utilisation de matrices organiques à faible impact et recyclables, et l’amélioration de leur performance et durabilité à long terme. Plusieurs leviers peuvent être activés pour renforcer la compétitivité : (i) l’application de taxes carbone pour équilibrer la compétition entre matériaux biosourcés et pétrosourcés, et (ii) la pénétration dans des marchés de volume permettant l’optimisation des procédés et des économies d’échelle. Ces objectifs sont poursuivis dans le projet européen SSUCHY-Next (www.ssuchy-next.eu), qui développe des démonstrateurs à un niveau de maturité élevé (TRL7), tels que des pales d’éolienne et des éléments de structure et de façade pour la construction, ouvrant la voie à un déploiement industriel à grande échelle de composites biosourcés performants et durables. Cette présentation sera l’occasion de présenter les avancées majeures issues de ces projets de recherche, ainsi que les verrous scientifiques et techniques qu’il reste à lever pour permettre un déploiement à grande échelle des composites biosourcés dans des applications high-tech. La question de la sobriété dans l’utilisation des matériaux sera également abordée, en interrogeant les arbitrages nécessaires entre performance, impact environnemental, robustesse et pertinence des usages. | ||

