Programme de la conférence
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Vue d’ensemble des sessions |
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SES-B: Environnement d'apprentissages et outils pédagogiques
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Clarifier l’approche Low-tech comme cadre de discernement technologique : fondements théoriques et mise à l’épreuve pédagogique en formation d’ingénieur·e HES-SO, Suisse Le terme « Low-tech » suscite, dans les formations d’ingénieur·es, des réactions contrastées. Il est souvent associé à une opposition à la technologie avancée, à une simplification technique, voire à une posture idéologique, ce qui constitue un obstacle au débat. Dans un contexte marqué par des contraintes écologiques, énergétiques et matérielles croissantes, la question centrale n’est pourtant pas celle d’une opposition entre low-tech et high-tech, mais celle des critères à partir desquels les choix technologiques sont évalués. L’hypothèse défendue ici est que l’approche dite « Low-tech » peut être clarifiée comme une formalisation du discernement technologique, permettant d’élargir les cadres d’analyse mobilisés en ingénierie. Le cadre proposé s’appuie sur une lecture systémique des technologies, envisagées comme des systèmes techniques, sociaux et organisationnels. Il intègre les principes de la soutenabilité forte, en prenant au sérieux les limites matérielles et les dépendances à long terme. Il s’inscrit dans des travaux issus de l’anthropologie et de la sociologie des techniques, ainsi que dans des recherches sur les besoins humains (Max-Neef) et les standards de vie soutenables (Decent Living Standards). Il s’inspire également des cadres proposés par des acteurs du mouvement Low-tech, notamment l’ADEME, Philippe Bihouix et le Low Tech Lab. L’approche développée ne constitue pas une théorie nouvelle, mais une mise en cohérence pédagogique de ces apports dans le contexte de la formation d’ingénieur·es. Cette formalisation repose sur quatre piliers interdépendants : la durabilité systémique (cycle de vie, dépendances, robustesse), l’utilité (analyse des besoins), l’accessibilité (appropriabilité économique, technique et cognitive) et la dimension organisationnelle et culturelle (gouvernance, modèles économiques, imaginaires). L’analyse est structurée à l’aide d’un cadre STEEP intégrant les dimensions sociales, technologiques, économiques, environnementales et politiques. L’objectif n’est pas de prescrire des solutions, mais de rendre explicites les arbitrages inhérents à toute décision technique. Ce cadre a été mis à l’épreuve dans un module de 30 heures intégré à la filière Énergie et Techniques Environnementales de la HES-SO Valais-Wallis durant le semestre 2025–2026. Le dispositif combine une séquence de prospective située, des apports théoriques et un travail d’enquête systémique mené par les étudiant·es sur une technologie d’avenir. L’enquête comprend l’analyse des interdépendances (STEEP), la hiérarchisation des impacts et la formulation argumentée de pistes d’évolution. Il ne s’agissait pas d’une expérimentation technique « Low-tech », mais d’une mise à l’épreuve pédagogique d’un cadre de discernement. Les premiers enseignements, issus de l’analyse qualitative des travaux et d’observations pédagogiques, montrent une appropriation contrastée au sein d’une cohorte de première année. Certain·es étudiant·es disposent d’une sensibilité préalable aux enjeux de durabilité ou d’une aisance avec la pensée systémique, tandis que d’autres adoptent une posture plus techno-solutionniste, rendant l’explicitation des arbitrages plus difficile. Un décalage peut également apparaître entre les imaginaires associés à une formation technocentrée et une approche invitant à questionner finalités et dépendances. Au-delà du cas présenté, cette contribution ouvre une discussion sur le développement de compétences transversales liées à la durabilité — pensée systémique, pensée critique, cadrage de problèmes pernicieux et démarche prospective. Elle suggère que la clarification de l’approche Low-tech comme cadre de discernement peut constituer une voie pertinente pour travailler ces dimensions en formation d’ingénieur·es, et plus largement dans des cursus confrontés à des systèmes techniques structurants. Paléo-énergétique : une méthode participative pour éclairer les choix technologiques entre low-tech et high-tech Atelier 21, France Dans un contexte de transition écologique marqué par une forte incertitude technologique, les débats autour de la transition énergétique tendent souvent à opposer deux visions : d’un côté le techno-solutionnisme fondé sur l’innovation high-tech, de l’autre des approches prônant une réduction radicale de la complexité technique. Cette polarisation masque pourtant une question centrale : comment éclairer collectivement les choix technologiques dans un monde contraint en ressources et en énergie. Cette contribution propose d’explorer la démarche Paléo-énergétique, développée par Atelier 21, comme une méthode participative permettant de réinterroger les trajectoires technologiques contemporaines à partir de l’histoire des techniques. Plutôt que d’opposer low-tech et high-tech, la démarche vise à développer une capacité de discernement technologique en mobilisant les connaissances historiques, la médiation scientifique et la participation citoyenne. Le cadre théorique de cette approche s’appuie sur plusieurs champs de recherche : l’histoire des techniques, qui met en évidence la diversité des solutions énergétiques développées au cours du temps ; les approches techno-critiques contemporaines autour des low-tech et de la sobriété technique ; ainsi que les travaux sur les imaginaires sociotechniques, qui soulignent le rôle des récits collectifs dans l’orientation des trajectoires technologiques. La méthode Paléo-énergétique repose sur un processus en trois étapes. La première consiste en un travail d’enquête historique visant à documenter des innovations énergétiques parfois oubliées ou marginalisées : moteurs solaires du XIXe siècle, dispositifs hydrauliques, systèmes énergétiques décentralisés ou solutions issues de contextes de pénurie. La deuxième étape mobilise ces matériaux dans des dispositifs de médiation participative (expositions, ateliers rétrofutur, formations), permettant aux participants d’explorer collectivement les trajectoires technologiques possibles. Enfin, une troisième étape consiste à expérimenter certains de ces questionnements à travers des dispositifs concrets de sensibilisation et de démonstration. La contribution présentera notamment la frise Paléo-énergétique, un dispositif pédagogique et participatif retraçant l’histoire longue des techniques énergétiques. Utilisée dans des contextes variés (expositions, ateliers universitaires, événements publics), cette frise permet de visualiser les bifurcations technologiques, les périodes d’expérimentation et les choix socio-techniques qui ont façonné les systèmes énergétiques contemporains. À partir de plusieurs expériences menées en France et en Europe (ateliers rétrofutur, dispositifs pédagogiques, projets de médiation autour de l’énergie), cette communication analysera comment la démarche Paléo-énergétique contribue à développer une littératie technologique critique, permettant aux participants de mieux comprendre les compromis techniques, économiques et sociaux qui accompagnent les choix énergétiques. En replaçant les innovations contemporaines dans une perspective historique et participative, la Paléo-énergétique propose ainsi un cadre méthodologique pour enrichir les débats sur la transition énergétique et favoriser une exploration plus nuancée des relations entre low-tech et high-tech. Sensibiliser à l'écoconception web grâce au jeu de société MEI, Haute école d’ingénierie et de gestion du canton de Vaud, HES-SO Comment sensibiliser efficacement aux enjeux environnementaux liés au numérique ? Comment encourager les étudiant·e·s en Bachelor d’ingénierie des médias à intégrer ceux-ci dans leur future pratique professionnelle ? Le jeu de société, par l'engagement actif et les interactions qu'il génère, constitue-t-il un levier pertinent pour développer une compréhension approfondie de ces enjeux, par exemple dans le cadre d’un cours sur l’écoconception web ? L'outil présenté est un jeu de société physique, développé dans le cadre d'un projet financé par le Fonds national suisse (FNS Agora), dont l'objectif est de rendre accessibles les résultats de la recherche sur l'impact environnemental du numérique. Une version pédagogique du jeu a été intégrée à un cours de Bachelor 3ème année en écoconception web dans la filière Ingénierie des Médias. Le jeu a été expérimenté selon un protocole comparatif : un groupe a utilisé le jeu de société, tandis qu'un groupe de contrôle a réalisé une activité pédagogique plus classique, avec la lecture de ressources et la synthèse sous forme de mindmap sur le même sujet. Les deux groupes avaient pour objectifs de découvrir les bonnes ou mauvaises pratiques d’écoconception web et d’analyser un site existant. Les activités des groupes ont ensuite été interverties dans une seconde partie du cours. Les premiers résultats sont encourageants. Le groupe ayant utilisé le jeu rapporte une satisfaction et un engagement significativement plus élevés durant la séance. Ceci était également observable tant dans la participation active au jeu que dans l’analyse du site web. L'apprentissage des bonnes pratiques d'écoconception a également été sensiblement meilleur dans le groupe jeu que dans le groupe témoin. "Les Eaux de Mars", un jeu sérieux pour comprendre les frontières planétaires UTBM, France L'UTBM a créé en 2025 un module baptisé " Initiation aux enjeux de la transition écologique pour un développement soutenable", de 34h, proposé aux 280 étudiants du premier cycle. Cet enseignement intègre notamment le "modèle du Donut" (1), qui représente l'espace "juste et sûr" pour une existence durable de l'humanité sur Terre par une couronne, limitée à l'extérieur par les frontières planétaires, et à l'intérieur par les besoins physiologiques, psychologiques et sociaux. Favoriser l'apprentissage profond Le pitch du jeu porte sur la gestion d'une crise de l'eau dans une station d'exploration accueillant, dans un futur indéterminé, 80 personnes pour des séjours de longue durée sur Mars. Un accident ayant endommagé le dispositif robotisé de stockage et recyclage de l'eau pour tous les besoins de la station (alimentation, cultures, machinerie), une task force de 6 personnes doit gérer la situation dans l'urgence, dans un mode manuel rudimentaire, et dans une méconnaissance totale des lois de comportement du système. Le jeu mêle les codes du jeu de rôles et de l'escape-game ; les joueurs, incarnant des personnages identifiés, inscrivent leur action dans deux temporalités, l'une courte et stressante (décider quotidiennement et sans visibilité l'affectation de l'eau disponible), l'autre plus longue, mais au processus plus élaboré (résoudre des problèmes éclairant les pistes de mise en sécurité à long terme). Un support matériel pour focaliser l'attention
Le jeu se déroule en deux fois deux heures : jeu proprement dit, puis exploitation pédagogique. De la tech dans le low-tech (1) Kate Raworth, 2017 (2) Espace de collaboration, proposant ressources matérielles et compétences pour favoriser co-créativité et innovation. | ||

