Programme de la conférence
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SES-E: Santé et organisation de soins
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Former à soigner durablement : concevoir des simulations low-tech en santé Haute Ecole de Santé Vaud, Suisse Confrontées à la nécessité de former des soignant·es de manière sûre et efficace, les institutions de formation en santé se tournent massivement vers des modalités d’apprentissage par la simulation. À cette fin, elles mobilisent des mannequins hautement technologisés, des casques de réalité virtuelle, mais aussi des supports plus sobres, tels que les simulateurs basse fidélité, plus récemment qualifiés de low-tech. Dans le cadre de cette communication, nous proposons de réfléchir à ce qu’implique une démarche low-tech en simulation en santé. Une telle démarche s’articule autour de trois idées centrales. Premièrement, elle remet en question l’idée selon laquelle le progrès technique serait nécessairement positif et désirable, en invitant à ne pas privilégier systématiquement la technologie la plus récente. Deuxièmement, elle souligne le caractère relatif et historique de la low-tech, les technologies aujourd’hui jugées simples ou sobres ayant souvent constitué, par le passé, des innovations de pointe. Troisièmement, elle rouvre le champ des possibles techniques en envisageant d’autres manières de répondre aux besoins (Mateus et Roussilhe, 2023). Dans le domaine de la formation en santé, qu’implique une telle définition du point de vue de la conception de situations de simulation ? D’abord, elle invite à interroger la dichotomie entre supports high-tech et low-tech, alors même que l’emploi de supports low-tech repose sur des infrastructures high-tech, représentatives d’un système techno-industriel complexe. Si l’on sait aujourd’hui que la puissance technologique ne signifie pas nécessairement puissance pédagogique, la conception de supports low-tech conduit à réfléchir à la question de l’instrumentation du simulateur par les apprenant·es et aux conditions d’immersion dans la situation. Ensuite, nous explorons le lien entre le simulateur et les besoins de formation (Levené et al., 2026), identifiés en termes d’enjeux d’apprentissage. Former à soigner durablement implique non seulement de réfléchir au support mais surtout à la manière de former et d’apprendre, allant dans le sens d’une forte sophistication pédagogique. Enfin, ces réflexions s’attachent à une double intention didactique : former à soigner autrement (Becerril Ortega & Schnegg, 2026), afin de questionner les pratiques actuelles, et former à soigner à l’aide de supports plus durables, dans la perspective d’une formation en santé plus juste. À travers plusieurs exemples de conception de simulations, nous analysons différentes configurations pédagogiques. Nous expliciterons notamment les formes d’hybridation entre dispositifs low-tech et high-tech, les modalités de la conception participative ainsi que les différentes positions apprenantes qu’elle mobilise. Nous examinerons également l’élargissement de la représentativité des supports, afin de former à des gestes de soins à la fois universels et adaptés à la diversité des contextes. Concevoir des expériences de simulation en santé selon une démarche low-tech conduit ainsi à interroger à la fois l’impact environnemental des dispositifs et les modèles de soin et d’apprentissage qu’ils véhiculent. Dans cette perspective, un dialogue s’instaure entre les principes de la démarche low-tech — utilité, durabilité, accessibilité et appropriation — et la conception des simulations. Stratégie entrepreneuriale dans une approche low-tech. Le cas du brancard tout-terrain en Suisse et au Rwanda. HEG Fribourg L'intérêt de cette recherche réside donc dans l'exploration du potentiel des technologies low-tech comme alternative viable aux solutions high-tech en entrepreneuriat. En examinant des cas concrets tels que le brancard tout-terrain low-tech, cette étude vise à démontrer comment des solutions simples, durables et accessibles peuvent répondre efficacement à des besoins critiques, tout en favorisant l'autonomie des communautés et en minimisant l'impact environnemental. La question de recherche est la suivante : comment les modèles d’affaires basés sur des solutions low-tech, telles que le brancard tout-terrain, peuvent-ils favoriser la durabilité économique, sociale et écologique dans des contextes variés, notamment dans les pays en développement et développés, tout en contribuant à l'autonomie des communautés locales et à la réduction de l'impact environnemental ? L’étude de ce cas illustre ainsi l’importance d’une approche low-tech dans la conception de solutions entrepreneuriales adaptées aux besoins des populations, tout en favorisant leur autonomie et en minimisant leur impact environnemental. En comparant les contextes suisse et rwandais, cette recherche permettra d’identifier les conditions nécessaires à l’émergence et à la pérennisation de telles initiatives, mettant en lumière les défis et opportunités liés à l’entrepreneuriat low-tech à l’échelle internationale. Entre low‑tech et gouvernance hospitalière : la Commissione Mista Conciliativa de Vérone comme technologie sociale durable. Perspectives croisées Italie–France–Suisse Azienda Ospedaliera Universitaria Integrata di Verona, Italie Dans un contexte où les systèmes de santé doivent concilier contraintes organisationnelles, attentes sociétales et ressources limitées, les dispositifs de médiation et de gestion des plaintes apparaissent comme des technologies sociales low‑tech essentielles. Ils permettent de restaurer la confiance, de prévenir les conflits et d’améliorer la qualité des soins sans recourir à des solutions technologiques coûteuses. Contrairement aux dispositifs numériques aujourd’hui utilisés pour traiter les réclamations, la CMC de Vérone adopte une approche résolument low‑tech, fondée sur la rencontre directe et une procédure simple plutôt qu’une standardisation technologique.. Cette communication analyse le Règlement 2025 de la Commission Mista Conciliativa (CMC) de l’AOUI Vérone, en particulier l’innovation introduite par l’article 5, qui institue un collège restreint de conciliation chargé de mener un dialogue structuré et rapide entre les parties. L’étude s’appuie sur un cadre théorique interdisciplinaire :
Les travaux de Bellonzi (2011) montrent que la gestion du conflit en Toscane s’est développée comme un modèle intégré de protection extrajudiciaire, combinant URP, Commission Mista Conciliativa et Défenseur civique. Ce modèle, fondé sur la participation citoyenne et l’écoute active, constitue un exemple précoce de technologie sociale low‑tech visant à reconstruire le lien entre institutions et usagers. L’innovation véronaise de 2025 — un collège restreint conciliatif — s’inscrit dans cette continuité, en renforçant la rapidité, la proximité et la dimension relationnelle du processus. La méthodologie adoptée repose sur une analyse comparative entre trois modèles francophones :
L’analyse révèle que l’article 5 du règlement véronais constitue une innovation significative :
Comparé aux modèles français et suisses, le dispositif italien se distingue par une gouvernance participative impliquant associations de patients, représentants du tiers secteur et un président externe désigné par le Garante regionale. Cette pluralité d’acteurs renforce la légitimité du processus et favorise une approche systémique du conflit. La communication conclut que la CMC de Vérone représente un exemple pertinent de choix technologique low‑tech dans un monde contraint : un outil institutionnel simple, reproductible, fondé sur l’écoute, la transparence et la participation, capable de transformer durablement les pratiques professionnelles et de renforcer la confiance entre citoyens et institutions de santé. | ||