Programme de la conférence
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SES-Poster: Session poster
Les posters seront exposés tout au long du colloque. Les participants auront l’occasion d’échanger avec les auteurs, en particulier durant les pauses. | ||
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Analyse environnementale et économique des procédés de fabrication additive métallique 1Université Marie et Louis Pasteur, UTBM, CNRS, Laboratoire Interdisciplinaire Carnot de Bourgogne ICB UMR 6303, 90010 Belfort, France; 2Université Bourgogne Europe, CNRS, Laboratoire Interdisciplinaire Carnot de Bourgogne ICB UMR 6303, 21000 Dijon, France; 3CEDD, Eco-conception, 90330 Chaux, France Les efforts mondiaux sont actuellement de plus en plus concentrés sur la réduction des impacts environnementaux des activités humaines, notamment ceux liés aux procédés de fabrication. Parallèlement, une technologie innovante, la fabrication additive (FA), a émergé au cours des quatre dernières décennies. Dans certains cas, cette technologie présente le potentiel d’être plus durable que les technologies de fabrication conventionnelles. Contrairement à la fabrication conventionnelle soustractive (enlèvement de matières), la fabrication additive consiste à produire une pièce couche par couche à partir d’un modèle numérique. Cette approche offre alors la possibilité de réduire la consommation de ressources, d’améliorer l’efficacité de l’utilisation des matériaux et, dans certains cas, de diminuer les impacts environnementaux associés à la production. Lorsque des métaux sont utilisés comme matériaux, le procédé est appelé fabrication additive métallique (FAM), un domaine qui connaît une croissance rapide dans plusieurs secteurs industriels tels que l’aéronautique, l’automobile, le biomédical et l’énergie. Il existe plusieurs méthodes de FAM, notamment la fusion sur lit de poudre métallique Laser Powder Bed Fusion – LPBF qui sera le procédé étudié ici. Néanmoins, malgré les progrès dans l’utilisation de ces technologies, leurs impacts environnementaux ne sont pas clairement définis et dépendent de plusieurs critères, dont l’application, les frontières de l’analyse utilisées, les technologies, les matériaux, le volume de production et l’optimisation topologique. C’est précisément pour répondre à de telles questions, que le projet COMPASS (Interreg France- Suisse), a été défini pour s’intéresser à l’optimisation des procédés de fabrication LPBF à travers une analyse de cycle de vie (ACV) et comparer les impacts environnementaux, économiques et sociaux à la fabrication conventionnelle soustractive, notamment dans les domaines médicaux, de l’outillage, de l’automobile, de l’horlogerie et de l’aéronautique. Un outil d’aide à la décision pour le choix du procédé sera réalisé. Pour atteindre cet objectif, une revue de la littérature a été tout d’abord menée afin d’analyser les différentes méthodologies d’ACV. De plus, l’importance de l’optimisation topologique et d’un volume de fabrication limité peut rendre la fabrication additive métallique plus favorable dans certains cas, notamment dans une perspective d’économie circulaire visant à optimiser l’utilisation des ressources et à limiter les déchets. Afin de suivre les démarches de l’ACV, un inventaire du cycle de vie sera réalisé sur cinq cas d’étude différents. Les données d’atomisation de la plateforme TITAN à l’UTBM (Sevenans), ainsi que les données d’une machine industrielle SLM 280 (LPBF à laser rouge), seront collectés dans le cadre de ce travail. Afin de mieux comprendre les consommations énergétiques, les pertes et les limitations du procédé, une machine obsolète sera également optimisée dans une démarche open source. Graphe Causal d'Alignement : une méthode pour évaluer ou concevoir des modèles économiques promouvant la sobriété 1EPFL, Suisse; 2UniLaSalle Rennes, France Des dénominations telles que ``verte", ``circulaire", ``orientée vers la sobriété" ou encore ``régénérative" ne manquent pas pour décrire les entreprises. Cependant, ces appellations masquent le fait que l'évaluation de l'impact socio-environnemental d'une entreprise est coûteuse, chronophage et souvent imprécise. Cette étude propose un changement de perspective, en considérant les entreprises comme des systèmes dotés d'objectifs prédéfinis par leurs modèles économiques et les stratégies qui leur sont associées. Pour illustrer cette approche, une typology des discours et un nouvel outil appelé Graphe Causal d'Alignement (ACG) sont présentés. Le secteur des smartphones sert d'étude de cas pour comparer trois modèles économiques distincts: le modèle de vente traditionnel, un modèle de location, et le modèle Commown. L'utilisation de l'ACG révèle que ce dernier parvient à un Alignement Producteur-Environnement-Consommateur (appelé par la suite PECA), signifiant que ces trois entités partagent le même objectif, contrairement aux autres modèles. De tels désalignements des autres modèles peuvent conduire à des des effets rebonds notamment liés au changement de comportement. Cet outil et la méthode qui lui est associée pourraient participer à la définition de stratégies d'entreprise, à la mise en œuvre de politiques ciblées facilitant la sobriété ainsi que servir de méthode d'évaluation qualitative pour les chercheurs dans l'étude des stratégies de sobriété. Imagine the future Haute Ecole Arc Santé, HES-SO University of Applied Sciences and Arts Western Switzerland, Delémont, Switzerland Background: The current global situation is worrying. On a global scale, our world faces multiple crises, such as the crossing of seven out of nine planetary boundaries, depletion of several natural resources, or the loss of trust in political systems with subsequent rise of populism. Moreover, it becomes increasingly clear that the multi-crisis is of systemic and complex nature. That is, the current situation is not sustainable and requires a radical change, which is a notion that has existed since at least the publication of the Club of Rome, “The Limits to Growth". Interestingly, some philosophers and scientists introduced an emerging point of view that goes even beyond simple sustainability. They perceive the sole aim of reaching a sustainable situation as insufficient because sustainability does not include people’s values. Their focus lies, therefore, on axiology. Both concepts, sustainability and desirability, provide two strong arguments for initiating societal change. Hence, lectures on the global multi-crisis, as well as sustainability- and axiology-related tools to address them and imagine possible and desirable futures have been integrated in the BSc in Physiotherapy programme at Haute Ecole Arc Santé. These lectures include debates on the possibilities and desirability to use technology in reasonable and conscious manner. The type of technology, its goal, its impact, and the scale of use are potential areas of discussion. Students will be asked to imagine possible and desirable futures through creative activities (e.g. drawing, collage, poems, essay, rhymes). One part of the assessment of this course is a hand-written essay on the following topic: “describe the profession of physiotherapy in 2040”. To explore physiotherapy students’ thoughts and provide a range of possible futures as they imagine them, it is intended to thematically analyse their essays in a research project. Method and expected output: Second-year physiotherapy students from the Haute Ecole Arc Santé’s BSc in Physiotherapy programme will receive the mentioned lectures and be asked to participate in this research project. The lectures will cover the following topics: 1) aging of the population and increasing healthcare costs, 2) the nine planetary boundaries, 3) resource depletion, 4) geo-political situation. Each topic will involve a theoretical part and a debate and/or discussion. It was chosen to assess this module via an essay because of the cognitive processes associated with handwriting (i.e. "writing is thinking"). The authors wish the students to mobilise their creativity while considering their values and the instructed constraints. In the authors’ view, that is what is required to invent a desirable, just, and realistic future. A clarification of responsibility has been submitted to the Ethics Committee of Northwestern and Central Switzerland. On the day of the assessment, just after submitting their essays, students who wish to participate will be asked to sign the written informed consent. The essays will be analysed thematically following the method described by Braun and Clarke (2019). The results are expected to provide a range of interesting ideas on possible futures for the profession of physiotherapy. The findings will be published in a peer-reviewed journal. Quel rôle des ressourceries et lieux de stockage pour le développement du réemploi dans la construction ? HEIG-VD, Suisse Introduction Le développement de l’économie circulaire, et plus particulièrement du réemploi des matériaux de construction, constitue un levier majeur pour la durabilité du parc bâti, en Suisse comme à l'échelle européenne. La massification de cette pratique, en limitant la production de déchets et l’extraction de ressources vierges, permettrait de réduire drastiquement les impacts environnementaux (émissions de GES, consommation de ressources, pollutions) tout en relocalisant les flux économiques du secteur. Pourtant, le réemploi demeure marginal, cantonné à des projets pilotes emblématiques. S’approvisionner en matériaux de réemploi reste perçu comme un processus coûteux, complexe et incertain face aux standards de la construction neuve qui garantissent un accès immédiat à des produits industriels standardisés. Ce décalage souligne la nécessité d'étudier les infrastructures physiques capables de synchroniser l'offre et la demande telles que les ressourceries. Problématique Le frein principal au réemploi réside souvent dans la désynchronisation entre l’offre (volume de matériaux issus de la déconstruction) et la demande (besoins des chantiers de rénovation ou de construction). Au regard des volumes de matières mobilisés en Suisse romande, quel rôle les ressourceries et lieux de stockage jouent-ils dans le développement du réemploi ? Plus précisément, comment la capacité de stockage physique interagit-elle avec d'autres facteurs du secteur de la construction afin d’identifier les leviers permettant le passage d'une pratique complexe à une massification systémique ? Méthodologie Pour répondre à ces questions, une approche de Modélisation de Flux de Matière (MFA - Material Flow Analysis) et d’analyse de cycle de vie est déployée. La méthodologie, conçue pour être reproductible, repose sur le couplage de deux types de sources :
Le modèle relie les volumes annuels d'offre et de demande par une série de paramètres clés : taux de récupération, taux de réemploi effectif et temps de stockage moyen. L'outil permet de simuler différents scénarios de montée en charge en faisant varier les capacités de stockage disponibles (m² et m³) pour quantifier leur impact sur le taux global de réemploi du territoire. Résultats attendus et discussion Les résultats attendus donneront des indications sur les surfaces de ressourceries à mobiliser pour assurer la circularité des flux de matière entre déconstructions et constructions. Une analyse de sensibilité du modèle sur les paramètres clés cités précédemment donnera des résultats pour différentes perspectives d’évolution du secteur. La discussion portera sur les possibles impacts environnementaux de ces espaces, notamment au regard des friches industrielles existantes potentiellement mobilisables. Conclusion Cette contribution éclaire sur le rôle des ressourceries comme facilitateur organisationnel de la circularité dans la construction grâce à leur offre d’infrastructures de stockage. Le développement de ressourceries et de lieux de stockage représente une solution plus organisationnelle que technologique, notamment s’il peut contribuer à la réhabilitation de bâtiments industriels déjà existants. Réinventer Porteous: patrimoine en co-création mobile Association Porteous, Suisse Porteous est un ancien bâtiment de la station d’épuration d’Aïre (Vernier, GE), construit dans les années 1960 par l’architecte brutaliste Georges Brera. Abandonné à la fin des années 1990 puis inscrit à l’inventaire patrimonial, il est réinvesti depuis 2018 par l’association Porteous. L'association coordonne sa transformation en un laboratoire culturel et social de plus de 2 000 m², en collaboration avec diverses institutions publiques et privées. Pour concrétiser cette vision, nous lançons un projet visant à mieux comprendre l’impact potentiel de Porteous sur son territoire et à définir comment contribuer positivement au quartier. L’équipe part à la rencontre des habitant·e·s et des associations locales afin de recenser leurs besoins, d’intégrer leurs perspectives dans la réaffectation du bâtiment et de renforcer leur participation au processus. Cette démarche se veut inclusive, participative et évolutive. En 2026, le projet se déploie en trois phases. Enfin, le projet aboutira à une méthodologie reproductible et à une documentation des besoins du territoire. Ces outils permettront de réhabiliter Porteous en cohérence avec les besoins et attentes locales Cet exemple permettra à d’autres lieux socioculturels de s’en s’inspirer pour sortir de leur isolement et s’ancrer durablement dans leur environnement. Organisations et institutions associées ARE : l’Office fédérale du développement territorial nous soutient financièrement en contrepartie d’un rapport sur la méthodologie mise en place. Ville de Vernier : Elle contient Porteous. Elle soutient et conseille Porteous pour les actions sociales TSHM : Ce sont les Travailleur-euse-s Sociaux Hors Mur avec lesquel-le-s nous sommes en contact pour nous conseiller et nous épauler pour notre approche des habitant-e-s de la ville. Département de la Cohésion Sociale du Canton de Genève : Finance le développement du projet de porteous et la coordination générale de son association. IA industrielle et durabilité : arbitrer les choix technologiques entre performance, impacts et usages Haute école d'ingénierie et d'architecture Fribourg, Suisse La transition vers une industrie plus durable soulève la question des choix technologiques à effectuer entre solutions low‑tech, privilégiant sobriété et robustesse, et outils high‑techs fondées sur l’intelligence artificielle (IA). Si ces dernières sont souvent présentées comme des leviers de performance, leurs coûts énergétiques et environnementaux constituent des enjeux scientifiquement documentés. Avant la démocratisation des grands modèles de langage, des cheur.euse.s alertaient sur les coûts financiers et environnementaux liés à l'entraînement et à l'inférence de modèles de deep learning appliqués au traitement du langage naturel (Strubell, Ganesh, & McCallum, 2019), conduisant au développement d'outils de mesure des émissions carbone pour faciliter le reporting extra-financier (Lacoste, Luccioni, Schmidt, & Danders, 2019), (Henderson, et al., 2020). Van Wynsberghe (2021) souligne qu'une IA au service du développement durable ne peut être envisagée sans garantir la durabilité de l'IA elle-même. À ces préoccupations s'ajoute le risque d'effet rebond : un modèle plus efficient peut inciter à multiplier les expériences d'entraînement, annulant ainsi les gains environnementaux escomptés (Wright, Igel, Samuel, & Selvan, 2025). Au-delà de l’empreinte matérielle et énergétique, l’IA engendre des impacts immédiats via ses usages et provoque des changements sociétaux (Kaack, et al., 2022). C'est dans ce cadre que s'inscrit le projet Smart Quality for Sustainability (Smart Q4S), qui explore le déploiement d'agents digitaux intelligents fondés sur des architectures LLM‑RAG (Large Language Model – Retrieval‑Augmented Generation) pour améliorer la gestion de la qualité en petites moyennes entreprises (PME) industrielles. Ces agents exploitent des bases de connaissances textuelles et des données de production afin d'accélérer la résolution des problèmes qualité, prévenir les dérives et capitaliser le savoir-faire opérationnel. La méthodologie analyse la capacité de ces systèmes à opérer dans des environnements contraints (confidentialité des données, rareté des anomalies, maîtrise des ressources numériques et énergétiques) en les articulant à des méthodes low‑tech éprouvées telles que des standards qualité et des processus organisationnels sobres. L'évaluation s'appuie sur un cadre adapté de Liao, Lan & Yao (2022) : identification du périmètre applicatif, sélection de catégories d'impact pertinentes dans l’environnemental et le social, choix d'indicateurs de performance, collecte de données, puis quantification de l'impact net par comparaison à une valeur de référence. Cette démarche permet d'ajuster le niveau technologique au strict nécessaire et d'évaluer la proportionnalité entre bénéfices de performance et coûts environnementaux et sociaux du déploiement. Les premiers résultats montrent que l'hybridation low‑tech / high‑tech renforce l'aide à la décision et s'intègre aux pratiques industrielles existantes sans introduire de complexité excessive. La dimension sociale du projet tel que la réduction de la pénibilité et l’acceptabilité du système est considérée et les critères environnementaux comme les déchets de production sont mesurés. Ainsi, le projet se positionne dans un contexte d’IA durable axée directement sur l’écologie et indirectement sur la durabilité sociale (Zechiel, Blaurock, Weber, Buettgen, & Coussement, 2024). Cette contribution ouvre des perspectives concrètes pour une industrie conciliant sobriété numérique, performance opérationnelle et durabilité. Projet ReLab - Repair Lab à portée industrielle HEIG-VD, Suisse Dans un contexte marqué par la raréfaction des ressources, l’augmentation des déchets et la nécessité de transformer les modèles de production et de consommation, la réparation et la prolongation de la durée de vie des objets et des machines apparaissent comme des leviers essentiels de la transition vers une économie plus durable. Le projet ReLab, porté par le département COMATEC de la HEIG-VD, s’inscrit dans cette dynamique en proposant une approche structurée, technique et pédagogique de la réparation, de la maintenance et de la reconception. ReLab a pour objectif de promouvoir et de faciliter la réparation et la réutilisation d’équipements techniques, en particulier des machines industrielles, des équipements de laboratoire et des objets techniques complexes. Le projet vise à prolonger la durée d’usage de ces équipements, à en améliorer la maintenabilité et à réduire les impacts environnementaux liés à leur remplacement prématuré. Il s’appuie sur les compétences d’ingénierie du département COMATEC, couvrant des domaines tels que la mécanique, l’électronique, les matériaux, l’hydraulique et la conception. Concrètement, le ReLab se structure comme un espace d’expérimentation et de transmission de savoirs, proposant des activités allant du diagnostic de panne à la réparation, en passant par la reconception partielle ou complète (retrofit), la fabrication de pièces de remplacement et la documentation technique des interventions. Une attention particulière est portée à la capitalisation des connaissances, à travers la production de fiches techniques, de méthodologies de diagnostic et de plans de maintenance reproductibles. Au-delà des aspects purement techniques, ReLab intègre une forte dimension pédagogique et sociale. Le projet vise à soutenir la formation à la réparation, à contribuer au développement de compétences pratiques et à favoriser l’intégration de projets concrets dans les cursus académiques. Il constitue également un cadre propice à la collaboration avec des acteurs externes partageant des objectifs de durabilité, de réemploi et d’innovation frugale. ReLab se positionne ainsi comme un outil structurant pour expérimenter des modèles alternatifs de gestion des équipements techniques, renforcer la culture de la réparation et démontrer, par des réalisations concrètes, la pertinence d’une approche basée sur la sobriété, la transmission des savoir-faire et l’ingénierie au service de l’usage. À terme, le projet ambitionne de contribuer à l’émergence de pratiques reproductibles et pérennes, au service du territoire et des enjeux contemporains de durabilité. | ||